C’est à cause de Billy ce billet… ou des vacances qui approchent et ce sentiment de liberté qui va avec. Pareillement.

Je fais valser les étiquettes. Et personne ne sait sur quel pied danser.
Mais moi je valse sur mes deux pieds.
La trompette de Boris Vian à Saint-Germain ou le chant grégorien des moines de Solesmes, j’aime. Pareillement.
Lire Bernanos ou Laclos, Hugo ou Brecht, Maïsetti ou Bon, Hadjadj ou Cassingéna, j’aime. Pareillement.
Philosopher avec l’ami agrégé qui thèse, ou bavarder avec ma coiffeuse qui me raconte le succulent de sa vie, j’aime. Pareillement.
Parler de la fidélité et la dresser comme un étendard, parler avec l’ami remarié trois fois ou le copain homosexuel, j’aime. Pareillement.
Dîner avec les dix fourchettes, entre un tel et une telle ou croquer un sandwich au détour d’une rue avec les gens qui y vivent, j’aime. Pareillement.
Quand l’ami prêtre fredonne Jean-Jacques dans ma voiture, qu’il soit en jean usé ou en col romain, j’aime. Pareillement.
Revêtir les robes légères de l’été ou admirer celle de l’amie moniale, j’aime. Pareillement.
Quand j’écris les mots d’une prière, quand j’écris les mots d’une nouvelle, j’écris et c’est là l’essentiel et j’aime. Pareillement.
Refaire le monde avec mes amis chrétiens, musulmans ou athées, j’aime. Pareillement.
Lire une copie dont les mots touchent au coeur ou déchiffrer les quelques phrases d’une petite dyslexique, j’aime. Pareillement.
Se passionner pour les films d’Audiard, les grands acteurs ou se réserver son lundi soir pour une série télé américaine, j’aime. Pareillement. 
Fainéanter dans le silence d’un jardin de Bretagne ou croiser les bruits urbains d’une capitale, j’aime. Pareillement.

Je fais valser les étiquettes.
Catho, pas assez ou trop. Intello, pas seulement ou pas suffisamment.
D’ici ou de là-bas. Pas dans les clous. Je m’en fous. Ailleurs. Tant mieux.

Mais on ne peut pas être de tous les bords, de tous les partis, on ne peut pas tout aimer, ni être aimé de tous. 
 
On ne peut pas être de toutes les vies. D’accord.

Mais on peut ne pas être d’une seule.

J’ai revu Billy Elliot. Encore une fois.
J’aime ce film.
Oui, on en a tous des étiquettes à coller ou qu’on nous colle.
Besoin d’identité, d’identifier, de connaître, de reconnaître, d’appartenir.

Mais bon sang qu’est ce que ça fait du bien, Billy, de danser comme on veut, quand on veut, où on veut et avec qui on veut.

Billy Elliot Galerie photo

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